Mise à jour : 2026-06-17 | Les statistiques, les numéros de téléphone et les politiques peuvent changer; avant d’agir, fiez-vous toujours aux annonces officielles.
La plupart des gens qui viennent d’atterrir au Canada reçoivent leur premier « appel-surprise » au cours des une ou deux premières semaines : l’interlocuteur prétend appeler de l’agence du revenu, d’une banque ou d’un fournisseur de télécommunications; son ton est pressé, son accent familier, et il connaît même votre nom. La première fois, le cœur saute vraiment un battement, mais une fois qu’on a vécu ici un certain temps, on réalise que c’est presque un bruit de fond fixe de la vie canadienne—aussi quotidien que la neige et que la file d’attente chez Tim Hortons. Cet article veut vous faire connaître les arnaques qui circulent vraiment en ce moment; le but n’est pas de vous effrayer, mais de vous permettre de décider en trois secondes si un appel ou un texto mérite votre attention la prochaine fois.
Regardons d’abord l’ampleur. Selon les statistiques publiées par le Centre antifraude du Canada (CAFC), en 2024 les pertes liées à la fraude signalées par les Canadiens ont totalisé environ 638 millions de dollars canadiens, poursuivant leur hausse depuis environ 578 millions en 2023; et en 2025 les pertes signalées ont grimpé encore plus haut, à environ 704 millions de dollars canadiens, le plus élevé de toutes les années enregistrées. Plus notable encore, le CAFC explique lui-même que, parce que de nombreuses victimes ne veulent pas signaler, ces chiffres ne reflètent qu’environ 5 à 10 % des pertes réelles—autrement dit, le montant sous la surface est bien plus important. Ce n’est donc pas une question de savoir « si » vous y serez confronté, mais « à quelle fréquence ». La bonne nouvelle : la grande majorité des arnaques sont en fait très répétitives, et reconnaître quelques traits fixes permet d’en bloquer neuf sur dix.
Les nouveaux immigrants sont particulièrement visés, non pas parce qu’ils sont plus faciles à berner, mais à cause d’un écart d’information. Les personnes fraîchement arrivées ne connaîssent pas encore bien les procédures fiscales, d’immigration et bancaires du Canada, alors dès qu’elles entendent « ARC », « le bureau de l’immigration » ou « votre compte va être gelé », elles paniquent d’abord. Avec la barrière de la langue, beaucoup n’osent pas poser de questions ni répliquer au téléphone—ce qui est exactement la réaction que les réseaux frauduleux recherchent le plus. La provenance d’un numéro est aussi difficile à identifier—le Canada autorise la transférabilité des numéros (Number Portability), et de plus l’afficheur peut être falsifié (Caller ID Spoofing), de sorte que même si le numéro qui apparaît à l’écran « a l’air » d’être la ligne officielle d’une banque, il peut très bien être faux.
Le tableau ci-dessous regroupe les arnaques actuellement les plus courantes, les scénarios habituels et la réaction que vous devriez avoir. Parcourez-le une fois, et la prochaine fois vous aurez le réflexe.
| Type d’arnaque | Scénario courant | Réaction correcte |
|---|---|---|
| Intimidation fiscale ARC | « Vous devez 3 200 $ d’impôts; si vous ne payez pas dans les 2 heures, on envoie la police vous arrêter » « Votre NAS est lié à une activité suspecte et sera suspendu » | Raccrochez immédiatement. L’ARC ne menace pas d’arrestation et n’impose pas de délai pour forcer le paiement |
| Hameçonnage de remboursement d’impôt | « Vous avez un remboursement d’impôt non réclamé » « L’ARC veut vous rendre de l’argent—cliquez sur le lien pour le recevoir par Interac e-Transfer » | Ne cliquez sur aucun lien. L’ARC n’utilise pas de textos ou de courriels avec des liens pour vous dire de réclamer un remboursement |
| Anomalie de compte bancaire | « Nous avons détecté une transaction suspecte; veuillez lire à voix haute le code de vérification que je vous envoie pour confirmer votre identité » | Ne fournissez jamais de CTU / code de vérification. Une vraie banque ne vous appellera pas pour vous faire lire un code de vérification |
| Texto de péage / contravention | « Votre véhicule a un péage impayé; payez immédiatement pour éviter une amende » | Ignorez et supprimez. Ne cliquez jamais sur un lien inconnu |
| Remboursement de télécom | « Vous êtes admissible à un remboursement; cliquez ici pour le recevoir par Interac e-Transfer » | Un vrai remboursement passe par votre facture ou l’application officielle, jamais par un lien dans un texto |
Les arnaques de l’agence du revenu (ARC) sont le type dans lequel les nouveaux immigrants tombent le plus souvent, parce que tout le monde connaît mal le système fiscal canadien, et dès qu’on entend « le bureau des impôts », l’esprit se vide. Gardez en tête quelques choses que l’ARC a explicitement dit qu’elle « ne fera absolument jamais » : elle ne vous demandera pas de payer par carte-cadeau ou cryptomonnaie, elle ne vous demandera pas de transférer de l’argent vers un « compte sécurisé », elle ne menacera pas d’une arrestation immédiate, elle ne vous empêchera pas de vérifier une information avant que vous ne la contrôliez, et elle n’enverra pas de texto ou de courriel avec un lien pour vous dire de réclamer un remboursement ou de fournir des documents. La vraie ARC envoie généralement d’abord une lettre officielle, vous laissant amplement le temps de vous en occuper. Dès que l’interlocuteur franchit l’une des lignes ci-dessus, vous pouvez presque immédiatement juger que c’est faux; en cas de doute, le geste le plus sûr est de raccrocher, puis d’aller vous-même sur le site officiel de l’ARC ou de rappeler via la ligne officielle des impôts des particuliers 1-800-959-8281 pour vérifier—n’utilisez jamais le numéro fourni par l’interlocuteur.
Les arnaques bancaires sont d’autant plus dangereuses qu’elles « ont l’air très professionnelles ». Les méthodes courantes comprennent : prétendre faussement qu’il y a une transaction suspecte sur votre compte que vous devez « confirmer immédiatement », utiliser un afficheur officiel falsifié pour faire baisser votre garde, et surtout l’arnaque au CTU—l’interlocuteur dit qu’il va « vous envoyer un code de vérification pour confirmer votre identité », et dès que vous lisez à voix haute cette suite de chiffres, il peut se connecter à votre compte. Il n’y a qu’une seule règle d’or : si quelqu’un vous demande de fournir un code de vérification, refusez toujours. Un code de vérification est « envoyé par le système lorsque vous-même effectuez une action », ce n’est pas quelque chose qu’on vous appelle pour vous faire lire à voix haute.
L’hameçonnage par texto (smishing) est le point d’entrée qui croît le plus vite ces dernières années; au-delà des appels, les faux textos sont désormais la méthode la plus courante. Le gouvernement du Canada lui-même a aussi averti la population en 2025 de se méfier des arnaques cachées dans les textos. Les plus typiques se font passer pour l’ARC, joignent le logo du gouvernement du Canada, prétendent vouloir rembourser un Interac e-Transfer, puis envoient un deuxième lien qui vous dirige vers une page de connexion bancaire très convaincante; il y a aussi des versions comme « péage impayé » ou « remboursement de télécom » qui vous incitent à cliquer sur un lien par un sentiment d’urgence. Le point commun est toujours le même : créer l’urgence et joindre un lien—dès que vous voyez cette combinaison, supposez d’abord que c’est faux.
La méthode des trois secondes : cinq drapeaux rouges pour le repérer sur-le-champ
En fait, vous n’avez pas à mémoriser chaque arnaque; mémoriser ces quelques drapeaux rouges communs suffit. Le premier est la pression temporelle, qui vous laisse seulement quelques minutes ou heures pour agir, sinon votre « compte sera gelé / vous serez arrêté / votre NAS sera suspendu »—les institutions légitimes ne mettent pas les gens sous pression de cette façon. Le deuxième est un mode de paiement anormal; exiger des cartes-cadeaux, de la cryptomonnaie ou un transfert vers un « compte sécurisé » est à cent pour cent une arnaque. Le troisième est réclamer un code de vérification ou un mot de passe; quiconque vous demande de lire un CTU à voix haute ou de fournir vos identifiants, refusez catégoriquement. Le quatrième est joindre un lien et vous dire de cliquer; le gouvernement et les banques ne traitent pas les remboursements ni les problèmes de compte par des liens dans des textos ou des courriels. Le cinquième est un afficheur qui a l’air « très officiel »; les numéros peuvent être falsifiés, ne considérez donc pas l’afficheur comme une preuve.
Que faire si vous en recevez vraiment un
Le processus à suivre est en fait très simple. Sur le moment, raccrochez ou ne répondez pas; ne ferraillez pas avec la personne au téléphone, et n’appuyez sur aucun « faites le 1 pour être transféré à un spécialiste ». Pour confirmer si c’est réel, cherchez vous-même le numéro officiel et rappelez—par exemple la ligne des impôts des particuliers de l’ARC 1-800-959-8281, ou pour une banque, regardez au dos de votre carte ou dans l’application officielle; n’utilisez aucun numéro ni lien fourni par l’interlocuteur. Si par malheur vous avez cliqué sur un lien ou divulgué des informations, contactez immédiatement votre banque pour geler les comptes concernés, changez vos mots de passe, et envisagez d’aviser Equifax / TransUnion pour surveiller toute anomalie de crédit. Enfin, signalez-le au Centre antifraude du Canada : par téléphone au 1-888-495-8501 ou via le signalement en ligne sur le site officiel du CAFC; même s’il n’y a pas eu de perte, cela vaut la peine de le signaler, car cela aide aux statistiques et au suivi.
Cet article est surtout écrit pour les étudiants internationaux, les voyageurs en expérience vacances-travail et les nouveaux immigrants qui viennent d’arriver au Canada—vous êtes le principal groupe visé, mais en réalité les résidents de longue date en reçoivent aussi tous les jours. Développer son discernement ne coûte presque rien; la seule chose dans laquelle investir est de prendre l’habitude de « raccrocher sans s’attendrir ». Un petit réglage pratique : activez la mise en sourdine/le filtrage des appels inconnus sur votre téléphone (le « Silence des appels inconnus » de l’iPhone, le filtrage d’appels d’Android); les fournisseurs comme Rogers, Bell et Telus offrent pour la plupart aussi des fonctions de marquage des appels indésirables, qui peuvent en bloquer une grande partie d’emblée. À ce propos, on demande souvent : « L’ARC n’appelle-t-elle vraiment jamais du tout? » En fait, l’ARC peut effectivement appeler dans certaines circonstances (par exemple si vous devez des impôts ou s’il y a un doute sur votre déclaration), mais les responsables affirment clairement qu’elle ne menacera pas d’arrestation, n’imposera pas de délai pour forcer le paiement, n’exigera pas de paiement par carte-cadeau ou cryptomonnaie, et n’enverra pas de texto ou de courriel avec un lien pour vous dire de réclamer un remboursement—dès que l’interlocuteur franchit l’une de ces lignes, c’est faux, et en cas de doute, raccrocher et rappeler soi-même la ligne officielle pour vérifier est le plus sûr. Pour plus de conseils pratiques sur la vie quotidienne, vous pouvez consulter notre Guide de la vie au Canada.

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