Mise à jour : 2026-07-03 | Sources : pages de modification de la Loi sur la citoyenneté d’IRCC, page explicative du ministère de la Justice du Canada sur le projet de loi C-3 | Les règles de citoyenneté ont fait l’objet d’une réforme majeure le 15 décembre 2025 — vérifiez toujours les annonces officielles d’IRCC et les textes les plus récents avant de déposer une demande

On entend souvent dire en ligne qu’« un Américain peut obtenir directement la citoyenneté canadienne en invoquant ses origines ». Cette affirmation est à moitié vraie et à moitié fausse, et c’est justement la partie fausse qui pousse les gens à mal évaluer leur situation. Posons d’abord la conclusion clairement : le simple fait d’être citoyen américain ne vous donne pas automatiquement la citoyenneté canadienne — la citoyenneté ne s’obtient pas grâce à une relation de voisinage ou à un accord de libre-échange nord-américain. L’acquisition de la citoyenneté canadienne a toujours reposé sur trois voies : le lieu de naissance, la citoyenneté d’un parent, ou la naturalisation. Il n’existe pas de quatrième voie « parce que vous êtes américain ».

Établissons d’abord le cadre de base. Une personne devient citoyenne canadienne essentiellement dans l’un de ces trois cas : être né(e) au Canada (ce qui confère automatiquement la citoyenneté dans la grande majorité des cas, selon le droit du sol) ; être né(e) à l’extérieur du Canada d’un parent citoyen canadien (la filiation, soit la citoyenneté par filiation — dont le nom officiel est « preuve de citoyenneté », et non l’expression populaire mais trompeuse de « revendication d’origines ») ; ou par la naturalisation, c’est-à-dire obtenir d’abord le statut de résident permanent, satisfaire à une exigence de résidence, puis demander à devenir citoyen. Rien de tout cela n’a de lien avec le statut d’Américain — un citoyen américain qui ne remplit aucune de ces trois conditions n’est pas citoyen canadien.

Alors, comment la « filiation » est-elle exactement déterminée? C’est le point le plus mal compris. L’idée selon laquelle « mon grand-père était canadien, donc je peux revendiquer la citoyenneté » simplifie à l’excès la règle réelle — avoir des origines canadiennes quelque part dans l’arbre généalogique ne suffit pas en soi. Depuis le 15 décembre 2025, le Canada a modifié, par le projet de loi C-3, les dispositions de la Loi sur la citoyenneté concernant la « naissance à l’étranger, citoyenneté par filiation ». Voici l’essentiel : si vous êtes né(e) à l’extérieur du Canada et qu’un de vos parents était citoyen canadien au moment de votre naissance, vous êtes en principe citoyen canadien (première génération née à l’étranger). Mais si vous êtes de la deuxième génération (ou plus) née à l’étranger — c’est-à-dire que le parent citoyen canadien qui vous relie au Canada est lui-même né à l’étranger et a obtenu la citoyenneté par filiation — la nouvelle règle entrée en vigueur après le 15 décembre 2025 exige que ce parent ait résidé physiquement au Canada pendant un total cumulatif de 1 095 jours (3 ans) avant votre naissance, pour que vous puissiez acquérir la citoyenneté. Cette règle de « vérification des jours de résidence à chaque génération » remplace l’ancien régime, qui coupait automatiquement la filiation après la première génération (cette ancienne « limite de première génération » a été jugée inconstitutionnelle par la Cour supérieure de justice de l’Ontario en 2023, ce qui a mené à la réforme du projet de loi C-3). Autrement dit, la transmission de la citoyenneté par filiation dépend de la lignée du parent citoyen canadien, avec vérification des jours de résidence — et non du simple fait d’avoir du sang canadien quelque part dans vos origines, et cela n’a rien à voir avec une règle liée au statut d’Américain. Si vous pensez pouvoir être admissible à la citoyenneté par filiation, la bonne démarche consiste à demander à IRCC une « preuve de citoyenneté » (certificat de citoyenneté), examinée au cas par cas par les autorités — ce n’est pas à vous de trancher vous-même.

Est-il vrai, alors, que « les Américains ont plus de facilité à travailler au Canada »? Oui, mais cela concerne l’ACEUM, pas la citoyenneté. Ce qui est souvent confondu avec la citoyenneté, c’est l’accord commercial trilatéral entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, l’ACEUM (anciennement l’ALENA, appelé USMCA aux États-Unis). L’ACEUM comporte effectivement une disposition qui facilite la demande de permis de travail canadien pour les citoyens américains et mexicains (catégorie officiellement appelée permis de travail pour professionnels de l’ACEUM, désignée R204 dans la réglementation canadienne sur l’immigration). Les citoyens américains exerçant certaines professions figurant sur une liste précise (ingénieurs, comptables, analystes de systèmes informatiques, etc.) peuvent même en faire la demande directement au point d’entrée, sans avoir besoin d’une EIMT, et le traitement est beaucoup plus rapide qu’un permis de travail ordinaire. Mais il s’agit uniquement d’une facilité relative au permis de travail, ce qui n’a absolument rien à voir avec la citoyenneté — un permis de travail ACEUM vous permet de travailler légalement au Canada pendant une certaine période, mais ne fait pas de vous un citoyen canadien ni un résident permanent, et n’a aucun lien avec les trois voies de filiation, de lieu de naissance ou de naturalisation mentionnées plus haut. Pour une comparaison détaillée, consultez notre guide complet des permis de travail canadiens.

Quelques cas courants permettent d’y voir plus clair. Un Américain veut s’installer au Canada : un citoyen américain sans origine canadienne ni naissance au Canada doit tout de même emprunter les voies d’immigration habituelles (permis de travail, Entrée express, parrainage familial, etc.); l’ACEUM facilite tout au plus la demande de permis de travail, ce n’est pas un raccourci vers l’immigration. Les parents sont canadiens, l’enfant est né aux États-Unis : si le parent était citoyen canadien au moment de la naissance de l’enfant (et si ce parent a lui-même obtenu la citoyenneté par filiation en étant né à l’étranger, il doit satisfaire à l’exigence des 1 095 jours de résidence), l’enfant est en principe citoyen canadien, mais une demande officielle de « preuve de citoyenneté » reste nécessaire pour obtenir le document officiel — ce n’est pas automatique. Les grands-parents sont canadiens, peut-on obtenir la citoyenneté directement? Cela dépend de savoir si le parent qui fait le lien est lui-même citoyen canadien et si les exigences de résidence des règles les plus récentes sont remplies — on ne peut pas conclure uniquement parce que « mes grands-parents sont canadiens »; il faut comparer concrètement avec les dispositions en vigueur depuis la réforme de décembre 2025, au cas par cas. Un Américain veut travailler au Canada : il peut vérifier s’il correspond à la liste des professionnels de l’ACEUM, mais cette voie mène à un permis de travail, pas à la citoyenneté ni à la résidence permanente.

Il ne s’agit pas ici de nier que certaines personnes remplissent réellement les conditions de la citoyenneté par filiation — cette possibilité existe bel et bien, mais les conditions sont beaucoup plus strictes que ce que laisse entendre le discours populaire sur la « revendication d’origines », et les règles viennent tout juste d’être largement modifiées fin 2025. Si votre situation ou celle d’un membre de votre famille pourrait correspondre à la citoyenneté par filiation, nous vous recommandons fortement de consulter directement la page officielle d’IRCC « Vérifiez si vous êtes peut-être citoyen », ou de consulter un consultant en immigration réglementé (CRIC) ou un avocat. La demande officielle est examinée au cas par cas par IRCC — ne présumez pas que vous êtes déjà citoyen sur la base d’une légende familiale ou d’un article trouvé en ligne.

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