Mise à jour : 2026-06-17 | Les taux d’imposition, les plafonds, les échéances et l’admissibilité aux prestations peuvent être ajustés chaque année; référez-vous toujours aux annonces officielles de l’ARC.
Le malentendu le plus courant chez les personnes qui viennent d’arriver au Canada est : « Je n’ai pas encore travaillé, je n’ai donc sans doute pas à produire de déclaration. » En réalité, au Canada, produire une déclaration de revenus n’est pas si directement lié au fait « d’avoir ou non un revenu »—c’est plutôt comme un « rapprochement » annuel entre vous et le gouvernement, qui détermine au passage si vous pouvez recevoir ces remboursements d’impôt et prestations que vous pouvez réellement empocher. Cet article suit l’ordre dans lequel les nouveaux arrivants, les étudiants étrangers et les voyageurs en vacances-travail trébuchent le plus souvent, pour relier les mots-clés que sont la déclaration de revenus, le NAS, l’ARC et le CELI/REER, et pour vous indiquer quelle étape faire en premier et laquelle peut attendre.
Le point de départ de la déclaration de revenus au Canada n’est pas votre profession, mais votre « résidence fiscale ». Cela n’a aucun lien absolu avec le fait que vous déteniez un permis d’études, un permis de travail, la RP ou un visa vacances-travail; cela dépend plutôt de vos « liens de résidence » avec le Canada—par exemple, si vous avez un domicile à long terme ici, si votre conjoint ou les membres de votre famille à charge sont au Canada, et si vous avez un compte bancaire et un permis de conduire locaux. Pour la plupart des nouveaux arrivants, vous devenez résident fiscal à partir du jour où vous « commencez réellement à vivre au Canada », et à partir de là vous devez déclarer votre revenu mondial au Canada. Il existe aussi un concept souvent mentionné, celui des « 183 jours » : si, au cours d’une année donnée, vous ne résidez pas à long terme à titre de résident mais séjournez au Canada pour un total cumulé de 183 jours ou plus, vous pourriez être traité comme un « résident réputé ». Cette détermination n’est parfois pas simple, et l’incidence sur les montants et les droits est importante, il est donc recommandé de consulter directement les pages officielles de l’ARC ou un professionnel, plutôt que de tirer des conclusions uniquement à partir de l’expérience des forums.
Dans la pratique, la signification de cette détermination de la résidence varie aussi selon les groupes. Les étudiants étrangers et les voyageurs en vacances-travail, du moment que vous vivez réellement ici et que le centre de votre vie est au Canada, sont généralement considérés comme des résidents fiscaux, et même si votre revenu est très faible, voire nul, produire une déclaration est recommandé (la raison se trouve au paragraphe suivant). Les nouveaux arrivants (RP) sont comptés comme résidents fiscaux à partir du jour où ils débarquent et s’installent, et la première déclaration est habituellement traitée « l’année suivant celle où l’on devient résident ». Quant à ceux qui sont encore à la limite du jugement—lorsque le statut est ambigu, ou qu’il y a des actifs et des revenus à l’étranger, c’est précisément la situation où vous devriez le plus chercher une confirmation professionnelle.
Alors pourquoi recommande-t-on de produire une déclaration même lorsque le revenu est nul? C’est le point que les nouveaux arrivants ratent le plus facilement : au Canada, produire une déclaration ne consiste pas seulement à « payer de l’argent », mais c’est aussi le billet d’entrée pour « recevoir de l’argent ». De nombreuses prestations et remboursements d’impôt sont versés en fonction de votre dossier de déclaration; sans déclaration, le système n’a aucun moyen de savoir s’il doit vous verser quelque chose. Le plus typique est le crédit pour la TPS/TVH (crédit TPS/TVH), qui vise à compenser la taxe de vente que vous payez sur vos dépenses quotidiennes et qui est versé une fois tous les trois mois. Selon l’explication officielle de l’ARC, les nouveaux arrivants n’ont en fait pas à attendre d’avoir terminé leur première déclaration—ils peuvent commencer à demander le crédit TPS/TVH au préalable au moyen d’un formulaire de demande dédié; et pour continuer à le recevoir par la suite, vous dépendez ensuite de la production d’une déclaration chaque année pour maintenir votre admissibilité. D’autres, comme les diverses prestations provinciales pour faibles revenus et les prestations liées aux enfants, sont elles aussi pour la plupart calculées sur la base des données de déclaration. Autrement dit, avoir un revenu nul mais ne pas produire de déclaration revient à laisser sur la table de l’argent que vous auriez pu empocher.
Documents et comptes à avoir prêts avant de produire votre déclaration
Avant de commencer, préparez ces quelques éléments et vous pourrez éviter bien des détours inutiles.
| Élément | Utilité | Rappel pour débutant |
|---|---|---|
| NAS (numéro d’assurance sociale) | Nécessaire pour travailler, produire une déclaration et ouvrir des comptes de placement | Le NAS que reçoivent les nouveaux arrivants/résidents temporaires peut commencer par « 0 »; ces numéros ont un mode de traitement particulier lors de la production en ligne avec IMPÔTNET, et les logiciels d’impôt vous guident habituellement |
| Mon dossier de l’ARC | Vérifier les droits de cotisation, recevoir des remboursements, consulter les avis de cotisation | Plus tôt vous vous inscrivez, mieux c’est; de nombreux chiffres (comme les droits disponibles de REER/CELI) s’y trouvent |
| Feuillets T4 / T4A / T5 et autres | Feuillets de revenu qui vous sont remis par les employeurs, les banques et les institutions de placement | Habituellement postés successivement ou téléchargeables dans Mon dossier en février-mars de l’année suivante |
| Divers reçus de déduction | Frais de scolarité (T2202), loyer, frais médicaux, dons, etc. | Le fait de pouvoir les déduire et de combien varie selon la province et la situation personnelle; conservez les reçus avant de décider |
Côté calendrier, le Canada utilise l’année civile, et chaque printemps vous traitez l’année d’imposition précédente. En prenant l’année d’imposition 2025 comme exemple, selon l’ARC, la date limite de production et de paiement pour les particuliers ordinaires est le 30 avril 2026; la date limite de « production » pour les travailleurs autonomes est repoussée au 15 juin 2026, mais s’il y a de l’impôt à payer, le paiement doit tout de même être effectué avant le 30 avril. La production en ligne (IMPÔTNET) ouvre habituellement à la fin février. Pour les nouveaux arrivants qui « n’ont débarqué que l’an dernier », la première déclaration est souvent traitée l’année suivant celle où l’on devient résident fiscal—par exemple, si vous vous installez en 2025, votre première déclaration consiste à traiter l’année d’imposition 2025 avant le 30 avril 2026. Les échéances réelles peuvent être légèrement ajustées chaque année; veuillez vous référer aux annonces officielles de l’ARC.
CELI et REER : ne vous précipitez pas pour les ouvrir, ne les remplissez pas n’importe comment
Peu de temps après votre arrivée au Canada, les caissiers de banque vous proposeront souvent avec enthousiasme d’ouvrir un CELI ou un REER. Ces deux comptes sont effectivement utiles, mais tous deux comportent « admissibilité, plafonds et pénalités »; ouvrir un compte à l’aveugle ou cotiser en trop vous vaudra au contraire une pénalité. Comprenez d’abord les différences, puis décidez d’en ouvrir un ou non.
| Élément de comparaison | CELI (compte d’épargne libre d’impôt) | REER (régime enregistré d’épargne-retraite) |
|---|---|---|
| Caractéristique de base | Les revenus de placement à l’intérieur du compte sont libres d’impôt, et les retraits le sont aussi | Les cotisations de l’année en cours peuvent réduire le revenu imposable; l’impôt n’est prélevé qu’à la retraite ou au retrait |
| Situation appropriée | Épargne flexible, fonds d’urgence, à prioriser lorsque le revenu n’est pas encore élevé | Revenu plus élevé, volonté de réduire le fardeau fiscal de l’année en cours, planification de retraite à long terme |
| Comment se calculent les droits | Un montant fixe nouveau chaque année (voir ci-dessous); les droits inutilisés peuvent s’accumuler | Surtout fondés sur « 18 % du revenu gagné de l’année précédente »; les droits inutilisés peuvent s’accumuler |
| Après un retrait | Les droits retirés ne sont habituellement rétablis que l’année suivante | En général, un retrait anticipé d’un compte de retraite est imposé, et les droits ne sont pas rétablis |
Les nouveaux droits du CELI pour 2026 sont de 7 000 CAD, ce qui constitue déjà la troisième année consécutive de maintien à 7 000; pour ceux qui sont admissibles depuis 2009 et qui n’ont jamais cotisé, les droits disponibles accumulés ont atteint un niveau assez considérable. Mais notez tout particulièrement : les droits de CELI tiennent compte des années « après que vous soyez devenu résident fiscal du Canada »; les années précédant votre arrivée ne s’accumulent pas pour vous, alors les nouveaux arrivants ne doivent surtout pas supposer à tort qu’ils disposent de plus de cent mille d’espace dès qu’ils ouvrent un compte. Le REER, lui, est fondé sur « 18 % du revenu gagné de l’année précédente », assorti d’un plafond annuel, plus les droits inutilisés accumulés au fil des ans, moins le facteur d’équivalence, et ainsi de suite. Différents médias rapportent de façon incohérente le « montant du plafond annuel » pour 2026, et ce plafond n’est réellement atteint que par les hauts revenus, de sorte que la plupart des nouveaux arrivants ne l’atteindront en fait pas. Plutôt que de mémoriser un chiffre qui peut être inexact, mieux vaut consulter directement votre propre avis de cotisation (Notice of Assessment) ou Mon dossier de l’ARC; les droits personnels disponibles qui y sont inscrits sont ce qui est exact.
Voici aussi des rappels sur les deux pièges que les débutants rencontrent le plus souvent : premièrement, prendre le « plafond cumulatif national » pour vos propres droits disponibles, ce qui entraîne une cotisation excédentaire et une pénalité—vos droits disponibles sont toujours déterminés par Mon dossier de l’ARC; deuxièmement, à peine arrivé au Canada avec un revenu encore faible mais se ruant sur le REER, alors que l’effet de déduction fiscale du REER n’est avantageux qu’à revenu plus élevé, et qu’utiliser d’abord le CELI lorsque le revenu est faible est habituellement plus flexible.
Alors quand faut-il trouver un professionnel? Pour la plupart des situations simples de salarié ou d’étudiant étranger, vous pouvez tout faire vous-même en exécutant IMPÔTNET avec un logiciel d’impôt homologué par l’ARC. Mais dans les situations suivantes, dépenser un peu d’argent pour trouver un comptable agréé ou un professionnel de l’impôt revient habituellement moins cher que de tout réparer après coup : avoir un revenu de travail autonome/à la pige, ou plusieurs sources de revenu en même temps; détenir des actifs à l’étranger, des revenus à l’étranger, ou des revenus à clarifier d’une année à l’autre avant et après l’immigration; avoir des gains/pertes en capital provenant d’opérations de placement, ou une situation familiale plus complexe (personnes à charge, écart important entre les revenus des conjoints, etc.); ainsi que les situations où le statut de résidence fiscale lui-même est difficile à déterminer (par exemple, entrées et sorties du Canada au cours d’une même année, avec des liens dans plusieurs pays).
Enfin, il faut souligner que les règles fiscales, les plafonds, les échéances et l’admissibilité aux prestations peuvent être ajustés chaque année, et que les détails diffèrent aussi d’une province à l’autre. Ce que cet article organise, ce sont l’« ordre et les concepts », pour vous aider à savoir qu’il faut d’abord confirmer votre statut, puis préparer les documents, et enfin gérer les comptes et la déclaration; quant à vos droits exacts personnels, aux prestations que vous pouvez demander et aux taux d’imposition applicables, veuillez impérativement vous fier aux pages officielles de l’ARC, à votre avis de cotisation et à Mon dossier de l’ARC, et lorsque des actifs à l’étranger ou la détermination du statut sont en jeu, il est encore plus conseillé de vous adresser directement à un professionnel. N’oubliez pas non plus : la première année, même sans revenu, on conseille habituellement aux nouveaux arrivants de produire tout de même une déclaration, car c’est la base pour maintenir des prestations comme le crédit TPS/TVH, et ne pas produire de déclaration revient à renoncer à des subventions que vous pourriez réellement recevoir. Si vous voulez relier d’un coup tout votre parcours de vie après l’arrivée, vous pouvez ensuite lire notre Guide de vie au Canada, qui regroupe toutes les démarches incontournables pour débutants comme la banque, le téléphone mobile, la location et les transports; si vous voulez trouver davantage de sujets individuels, vous pouvez aussi parcourir la catégorie Guide de vie.


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