Dernière mise à jour : 2026-07-09. Les données sur les loyers changent chaque mois, et le « loyer demandé » n’est pas le loyer que vous payez réellement au renouvellement; avant de signer, fiez-vous aux statistiques officielles et au prix réel annoncé par le propriétaire pour le taux courant et les conditions.

Si vous songez à déménager au Canada, ou cherchez déjà votre prochain logement, le marché locatif mérite peut-être un coup d’œil en ce moment. CBC, citant le plus récent rapport de Rentals.ca et de la firme de recherche Urbanation, souligne que le loyer demandé moyen au Canada en juin a reculé de plus de 4 % par rapport à l’an dernier — et c’est désormais le 21e mois consécutif de baisses d’une année à l’autre. Pour les locataires écrasés par des loyers élevés depuis des années, c’est un rare répit.

Mais avant de souffler, deux choses doivent être claires pour ne pas mal lire le vent.

Premièrement, il s’agit du « loyer demandé » — le prix que les propriétaires affichent sur les plateformes pour de nouveaux locataires, et non le loyer de votre bail actuel ni la hausse qu’un propriétaire peut appliquer au renouvellement. Des provinces comme la Colombie-Britannique et l’Ontario plafonnent déjà l’augmentation annuelle des baux existants; « la baisse des loyers demandés » vous dit donc surtout ceci : si vous entrez sur le marché maintenant et négociez un nouveau logement, la marge de négociation est un peu plus grande que ces deux dernières années. Deuxièmement, une moyenne nationale « dilue » les écarts régionaux — le rapport le précise, cette baisse est menée par la Colombie-Britannique et l’Ontario, justement là où les loyers avaient le plus grimpé; à l’inverse, dans les provinces de l’Atlantique, les loyers montent encore. Plutôt que de retenir « baisse de 4 % à l’échelle nationale », allez donc vérifier les chiffres de la ville et du quartier précis où vous atterrirez vraiment.

Quand les loyers fléchissent, comment le locataire peut utiliser le signal

Quand le marché devient un peu plus favorable aux locataires, il y a quelques usages concrets. Le premier est la négociation : pour un logement vacant depuis un moment, demandez poliment au propriétaire s’il peut céder un peu sur le loyer, inclure les services publics ou renoncer à un mois de dépôt — le taux de succès est plus élevé qu’en marché tendu. Le deuxième est la comparaison : vérifiez le taux courant sur plusieurs plateformes et à différents étages du même immeuble, et ne vous précipitez pas pour signer le premier logement; notez aussi qu’un « prix demandé bas » est parfois un compromis sur l’état ou l’emplacement, alors visitez toujours en personne. Le troisième est de regarder la tendance d’ensemble, pas un seul mois : 21 mois consécutifs de baisses annuelles traduisent un changement structurel d’offre en hausse et de demande en baisse. Au-delà des plateformes privées, parmi les sources faisant autorité figurent le rapport national mensuel sur les loyers publié par Rentals.ca et les rapports annuels sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) — les lire ensemble donne des assises plus solides.

Il y a aussi un petit truc de calendrier. Dans la plupart des régions du Canada, les baux exigent un préavis écrit d’environ deux mois pour quitter les lieux; l’offre de nouveaux logements a donc des hautes et des basses saisons — l’été (surtout juillet et août) est le plus achalandé pour les déménagements, avec le plus de choix, mais aussi la concurrence la plus vive; l’hiver compte moins d’annonces, mais on y trouve plus facilement un propriétaire prêt à baisser le prix pour louer vite un logement vacant. Si votre calendrier est souple, éviter délibérément les mois de pointe, ou viser les logements vacants depuis un moment, augmente habituellement vos chances de négocier avec succès.

Pourquoi ce recul de près de deux ans? Le rapport et les observateurs du marché pointent généralement deux forces. La première est une hausse marquée de l’offre : les projets de logements locatifs construits à cette fin ces dernières années se sont achevés les uns après les autres, ajoutant des logements disponibles et mettant fin à la position de force du propriétaire. La seconde est une demande qui refroidit : à mesure que le gouvernement fédéral resserre ses politiques sur les résidents temporaires et les étudiants internationaux et que la croissance démographique ralentit, la foule qui court après les logements n’est plus aussi dense que ces deux dernières années. Ces deux forces sont naturellement les plus visibles dans les marchés les plus tendus et à la base la plus élevée, comme la C.-B. et l’Ontario; à l’inverse, les provinces de l’Atlantique, avec une base basse et une partie de la population qui migre vers l’est pour se loger à prix abordable, ont vu les loyers monter à contre-courant. Cela explique aussi pourquoi « baisse de 4 % à l’échelle nationale » peut sembler à des mondes de distance pour des locataires de villes différentes.

Pour les nouveaux arrivants qui viennent d’atterrir et n’ont pas encore d’historique de crédit local, des loyers plus doux sont une bonne nouvelle, mais le vrai obstacle n’est souvent pas le prix — c’est la cote de crédit, le garant ou les quelques mois de loyer d’avance que les propriétaires exigent. Cette partie a peu à voir avec un marché chaud ou froid; il faut des documents bien préparés et une communication raisonnable pour la combler. Pour comprendre d’un coup les premières étapes après l’atterrissage — se loger, ouvrir un compte bancaire, obtenir un forfait cellulaire —, consultez notre guide de la vie au Canada; si vous en êtes encore à l’étape du voyage et de la recherche de logement, notre aperçu des attraits et des villes du Canada peut vous aider à sentir d’abord l’ambiance des différentes villes et l’écart de coût de la vie.

Les loyers continueront-ils de baisser? Personne ne peut le garantir — changez l’un des taux d’intérêt, du nombre d’immigrants ou de l’offre de logements neufs, et le vent peut tourner. Mais du moins en cet été 2026, la balance penche un peu du côté des locataires. Saisir l’information, ne pas précipiter sa décision — c’est habituellement la meilleure stratégie.


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