Mise à jour : 2026-06-17|Les taux de droits de douane, les politiques, les calendriers et autres renseignements susceptibles de changer doivent toujours être confirmés auprès des annonces officielles
La guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis se poursuit en 2026, et ce n’est plus une nouvelle de dernière heure, mais un poids bien réel qui pèse sur l’économie canadienne et sur les ménages ordinaires. Pour les personnes qui vivent, travaillent ou envisagent de s’installer au Canada, l’impact est en réalité plus proche qu’on ne le pense : il touche les prix, les possibilités d’emploi, et même les écarts de conjoncture d’une province à l’autre. Cet article s’appuie sur mes propres observations, tirées d’un suivi continu des sources officielles et de la presse économique, pour faire le point sur la situation actuelle et son impact concret sur la vie quotidienne.
Commençons par la structure tarifaire la plus récente, car elle a beaucoup changé cette année. Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé illégale une partie des droits de douane imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA); à compter du 24 février, les douanes américaines ont cessé d’appliquer le tarif initial de 35 % sur les marchandises canadiennes non conformes à l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique), le remplaçant par un tarif mondial unique de 10 %, tandis que les marchandises respectant les règles d’origine de l’ACEUM demeurent exemptées. Mais attention : l’acier, l’aluminium, le cuivre, certaines pièces automobiles, le bois d’œuvre et les produits du bois sont taxés séparément en vertu de l’article 232 de la Trade Expansion Act des États-Unis, et ils n’ont pas été supprimés par les ajustements ci-dessus — les droits de douane élevés sur ces industries sont toujours en vigueur.
| Catégorie de produits | Droit de douane américain actuel sur le Canada (approx.) | Remarques |
|---|---|---|
| Marchandises générales conformes à l’ACEUM | Exemptées (0 %) | Applicable seulement si les règles d’origine sont respectées |
| Marchandises générales non conformes à l’ACEUM | 10 % | Réduit par rapport au taux initial de 35 % |
| Acier, aluminium (y compris les dérivés) | Jusqu’à 50 % | Article 232; certains dérivés réduits de 25 % à 15 % |
| Automobiles et pièces | 25 % (la part de contenu américain peut être exemptée) | Article 232; examen modèle par modèle |
| Bois résineux et bois d’œuvre | Sous tarif | Article 232; aucune exemption au titre de l’ACEUM |
Au-delà des chiffres des taux, ce qui se fait vraiment sentir, c’est le frein imposé à l’ensemble de l’économie canadienne. Les économistes estiment que ce cycle de droits de douane de 2025 à 2026 a déjà réduit le PIB du Canada d’environ 1,5 % à 2 %, et que le ménage canadien moyen doit absorber chaque année environ 1 700 à 2 000 dollars canadiens de coûts supplémentaires. Le secteur le plus touché est la fabrication fortement dépendante des exportations vers les États-Unis : les exportations d’automobiles et de pièces, de produits de l’acier et de l’aluminium, et de produits forestiers en aval sont restées faibles pendant les deux premiers mois de 2026. Comme ces industries sont concentrées en Ontario et au Québec, les perspectives de croissance économique de ces deux provinces pour 2026 figurent aussi parmi les dernières de l’ensemble des provinces.
Une autre variable, qui ne s’est pas encore concrétisée mais qui constitue une menace majeure, est l’avertissement lancé par Trump en janvier 2026 : si le Canada conclut un accord commercial avec la Chine, la partie américaine pourrait imposer un droit de douane de 100 % sur l’ensemble des importations canadiennes. Étant donné que le Canada est l’un des principaux fournisseurs de pétrole brut, de gaz naturel et de pièces automobiles des États-Unis, si un droit de cette ampleur devenait réalité, les prix de l’énergie et des automobiles augmenteraient immédiatement, ce qui pourrait pousser l’inflation à la hausse d’environ 1,5 % à 2 % à court terme. C’est aussi pourquoi le premier ministre canadien Carney a répété à plusieurs reprises la nécessité de « réduire la dépendance envers les États-Unis » et de diversifier les marchés d’exportation — mais à court terme, la croissance des marchés hors États-Unis ne parvient toujours pas à compenser la perte de la demande américaine.
Face à cette pression, les contre-mesures et les ajustements des gouvernements fédéral et provinciaux méritent aussi d’être connus. En plus d’imposer des droits de douane de représailles sur les produits américains, plusieurs provinces ont parfois retiré des tablettes les spiritueux produits aux États-Unis en signe de boycott, et les gouvernements fédéral et provinciaux ont aussi fait la promotion de politiques d’approvisionnement « Buy Canada » (achetez canadien). Pour le consommateur ordinaire, cela signifie que la gamme et les prix des produits que vous voyez dans les supermarchés et les magasins d’alcool continueront d’être ajustés au cours des un ou deux prochaines années. Le moment vraiment déterminant est l’examen conjoint de l’ACEUM le 1er juillet 2026 — il s’agit de l’examen officiel marquant le sixième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’accord, où les trois gouvernements doivent chacun déclarer par écrit s’ils appuient la prolongation de l’accord pour 16 autres années (jusqu’en 2042). Mais un rappel : les droits de douane au titre de l’article 232 sur l’acier et l’aluminium, les automobiles, le cuivre et le bois d’œuvre se situent en réalité hors du cadre de l’examen de l’ACEUM et doivent être traités par des voies distinctes; ainsi, même si l’examen de juillet se déroule bien, les droits de douane sur ces industries ne disparaîtront pas automatiquement.
Si vous êtes un lecteur qui prévoit de déménager, ou qui vit déjà au Canada, mon conseil est très concret : considérez la guerre tarifaire comme une condition de fond qui « continuera d’influer sur les prix et l’emploi », plutôt que comme un événement isolé qui prendra soudainement fin un jour. Pour les achats du quotidien, surveillez les solutions de rechange locales et les importations hors États-Unis, et pour la recherche d’emploi et l’achat d’une propriété, tenez compte de la volatilité économique des pôles manufacturiers comme l’Ontario et le Québec. Pour une préparation plus complète sur la vie, les dépenses et l’adaptation, vous pouvez aussi consulter notre Guide de la vie au Canada; et si vous en êtes encore à l’étape de l’entrée ou du visa, le Guide des visas et de l’entrée au Canada peut vous aider à clarifier d’abord la démarche. La politique tarifaire change vite, alors avant de prendre toute décision, veillez à vérifier une fois de plus les taux et les dates de cet article par rapport aux annonces officielles du gouvernement du Canada (Canada.ca) et aux renseignements les plus récents du ministère des Finances.


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